Mardi 16 nov. - J+2

Silence, on roule!

Bon, normalement, à ce stade, je suis en train de pédaler. Le vélo est très différent de la course à pied car une toute petite baisse d'allure entraîne une grande économie d'énergie. Enfin, c'est mon ressenti. En revanche, les problèmes type mal aux fesses sont assez peu dépendants de l'allure et sont plutôt liés au nombre d'heures passées en selle. Ce qui ne change pas, c'est que pour abattre des kilomètres, il faut rester en piste, et ne pas traîner.


Suivi du J3 - Valérie

Cette journée de mardi a bien commencé. D'abord quelques tours de nuit, de 4h30 à 6h. Puis le premier repas et le lever du soleil. Les tours de nuit avant, c'est du bonus gratuit dans la journée!

Bibliotheque
Photo floue devant la bibliothèque, pour profiter plus de l'architecture et faire croire que ça va vite.

Le jour se lève et tout le monde a le sourire. Comme quoi, 2h de sommeil (un peu plus pour certains) c'est bénéfique. Il est impressionnant de voir comment l'humeur de la plupart est coordonnée avec le temps. Entre collègues, c'est "comment ça va ?" Comme un lundi on tire la tronche, comme un vendredi grand sourire. Ici ce serait un peu pareil : comme le matin ou comme à minuit. A minuit Carlos attendait un coup de fil, il m'a juré que pour le lendemain, il demanderait à être appelé à midi plutôt !

La vie s'installe, presque normale. Sauf que la grosse moitié du campement a pour seule activité d'avancer. Chacun sent qu'il y a les jours avec et les jours sans. On taille la bavette entre cyclistes. Wayne apprécie qu'il y ait enfin un Français qui le comprenne bien. Il a un accent américain terrible! De mon côté je discute avec l'accompagnateur/photographe de Dave Clamp. Il tient également un suivi live, plus professionnel d'ailleurs et il prépare un article pour le journal 220 Triathlon.
Christian m'emprunte l'appareil photo pour prendre quelques vues. Je le règle avant, il s'agit qu'il ne soit pas trop ralenti !
Ils trouvent même le moyen de se faire des blagues. Christian part faire pipi aux toilettes (le faire sur la piste est disqualificatif ici, la pudeur est très importante). Quand il revient, son vélo a disparu. Il ne panique pas mais se sent sacrément embêté... avant de découvrir que Dominique le lui a simplement caché.
Le matin, au petit déjeuner, je transmets à Christian les encouragements pendant qu'il mange. Dominique quant à lui s'offre une toute petite pause et survole sa boîte mail. Ça lui fait du bien, même s'il n'a pas le temps de répondre.

Repas
Le ravitaillement est une sorte de snack de la plage. Pas toujours très ragoûtant à la vue, mais que du fait maison. Pas dégueu en somme.

Mais cette journée est aussi la journée d'une grande affaire : les concurrents du double déca arrivent sur la piste. Les deux premiers sont là avant 8h : ce sont Kim et Greger. Christian discute avec Kim : il ne faut plus lui parler de piscine, ça y est, il déteste la natation ! 76 km d'efforts pour en arriver à cette belle conclusion. Les autres arrivent petit à petit. Eileen n'a pas un physique de sportive, elle est même très ronde. Mais elle est loin d'être la dernière à sortir de l'eau. Au moment où nous nous coucherons le soir, seul Arthur, le plus âgé de l'épreuve, ne sera pas encore sorti de l'eau. Mais malheureusement John a abandonné sans avoir effectué les 76 km.
D'après Carlos Ochoa, la piscine a été un carnage. Il est arrivé sur la piste de vélo avec les cuisses qui pelaient et tout le visage rouge, les yeux enflés, la gorge nouée. La gorge souffre, même sur le simple déca : Dave s'est vu demander par le médecin de course s'il était fumeur !

Les repas de Christian prennent encore une nouvelle forme : désormais il enlève ses chaussures et chausse des sandales à chaque fois. Je vais lui chercher quelque chose à manger au dernier moment : toute nourriture posée à l'air libre devient un point de rencontre de nombreuses guêpes. À midi, on ne voyait plus le gâteau posé sur une table du snack : les guêpes le masquaient. Andonie, l'organisateur, avait prévenu : vous êtes susceptibles de vous faire piquer par des insectes.
Autre nouveauté des repas : au petit déjeuner, je transmets à Christian et à Dominique les encouragements. Je sais qu'ensuite, Christian repense aux petites formules amusantes ou émouvantes, aux personnes et à leur pedigree pour les sportifs... Il me dit par exemple : "Un entrainement de 20 km, c'est déjà un bon bout !" (ndlr : un copain lui a fait part de son entraînement de 20km ce jour)

Nuit
De nuit, départ du ravito après un vrai repas.

Côté accompagnateurs, la grande affaire du jour, c'est les courses. La femme de Wayne propose d'aller au supermarché avec la copine de Jozsef le Hongrois et le copain de Daniel. Ils font le tour des accompagnateurs : "Vous avez besoin de quelque chose ?" Les accompagnateurs attendent les athlètes: "Tu as besoin de quelque chose ?" Les athlètes se donnent un tour pour réfléchir... puis l'info fait le chemin dans le sens inverse. Pendant ce temps, l'accompagnateur de Daniel est parti lancer une lessive, Lilla et Jan, les accompagnatrices de Jozsef et Wayne, l'attendent. Ils partent enfin à pied, le supermarché est à 2km. En milieu d'après-midi, c'est la distribution.

Dominique fait beaucoup de petites pauses, il a du mal à avancer. Mais vers 17h, il ne vient pas se reposer au stand : il a crevé. Il a surtout eu peur : cogné une pierre et senti la roue arrière partir. Mais il n'est pas tombé. Au stand, le temps que je trouve les démonte-pneus, Luis, le fils de Sergio le Brésilien a déjà bien commencé le travail. Il change la chambre en un temps record. Une heure plus tard, c'est Jozsef qui crève des deux roues. Ce matin, c'était Sergio. Ça y est, Luis s'est fait une réputation, tout le monde l'appelle "le stand de Formule 1".

Pendant ce temps, Christian avance et ne fait que les pauses nécessaires. J'ai constaté, comme l'accompagnateur de Dave, que les plus rapides au tour ne sont pas ceux qui font le plus de kilomètres. Ce qu'il faut, c'est avancer toujours.
De son côté, Christian se pose des questions sur la pollution sonore. Une notion certainement inconnue ici au Mexique. Les trains klaxonnent à n'en plus finir, il y a toutes sortes de bruits urbains forts mais non identifiés.

Parfois, une puce ne bippe pas. Ça arrive 3 fois de suite à Christian. Au PC control, Carlos crie "Sí, lo capturo!" et en effet, quand je vérifie les kilométrages, il a ajouté les tours non bippés.

Le soir arrive. La nuit tombe tôt. Tout le monde continue à rouler. Puis les rangs se clairsèment. Je vois la fatigue de Dave : en effet à chaque tour il me dévisage. Je sais bien ce qu'il pense. "Elle est encore debout, donc Christian est en train de faire des tours." Il part se coucher 1/2h avant Christian et se réveille aussi 1/2h avant. Il a une belle régularité, il suit son plan, lui aussi.

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Mis à jour le mardi 30 novembre 2010.